Article Jazz Rhone-Alpes 06 février 2016

Concert ElectraVoice +will Galison à l'Espace Bertet

 

"Du trio originel passé au quartet, puis au quintet, voilà que ce soir Electravoice est devenu à minima un sextet, à quand le big band ? Christine Vallin se libère de sa mission harmonique confiée à Mélanie et à William qui ouvre ce set à la guitare elle peut donner plus que librement cours à sa fantaisie et ce soir, avec une prestation aussi théâtrale que musicale elle se fait plaisir. Évidemment Gaby Schenke va elle aussi mobiliser l'espace, l'humour est de rigueur, la rage et la douceur aussi. Ce qui me réjouit, et vous savez mon attachement à ce groupe original, c'est que pour chacun de leur concert les arrangements et les ambiances de leurs thèmes fétiches diffèrent. Gaby et William se livreront à quelques joutes énergisantes ou sensuelles, sur I'm Dancing ou Ghost Lover notamment, ou cette version très groovy du Funky Nature pour laquelle Hélène s'est saisi de la Fender jazz bass. Et de cet Afro Blue (LA composition de Mongo Santamaria) que Christine introduit à la guitare, cordes frappées avec MON stylo, les métamorphosant ainsi en authentiques instruments africains, Gaby virevoltant sur la flûte, l'ambiance est donnée le thème devient évident William choruse à la guitare, un peu rock. Bibi devient un numéro de cirque, la chanteuse va tenter un exploit... La scène est trop petite, mais qu'importe il y a encore quelques amis musiciens dans la salle tous ne pourront monter, peu importe ils joueront sur le parterre, joueurs de cajon et de congas sont attendus, cette fois-ci Mademoiselle Chocolat doit participer au micro et ça tombe bien car pour ce dessert d'au revoir, il est question de couleur café... Rapport d'intervention : Pendant que Lyon célèbre Wynton Marsalis j'ai très volontairement préféré l'amour des sens déjanté et généreusement partagé, des Grenoblois d'adoption, chacun son truc. Ps : l'indiscrétion du soir c'est que le "Tome 2" est en préparation...

 

Philippe Simonci et photos Jazz-Rhone-Alpes.com

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Article jazz rhone alpes (11/04/2015)

Electravoice à Jacob-Bellecombette

FESTIVAL "L'échangeur de sons"

 

C'est dans le cadre du festival savoyard "L'Echangeur de Sons" que j'ai assuré le "service après vente de Jazz-Rhone-Alpes.com" qui a pour mission la vérification des premières impressions... Rendez-vous dans la toute proche banlieue de Chambéry, le très bel ensemble culturel de Jacob-Bellecombette et un staff accueillant particulièrement chaleureux.

"Electravoice" m'avait beaucoup séduit fin janvier à Annecy (voir ici) et là, ce soir, c'est "Electravoice + 1", il fallait y être, le trio féminin s'adjoint la complicité du batteur Erwan Bonin. La "patronne" entre en scène, seule, Christine Vallin entame une danse rythmique, espèce de flamenco gracieux, puis chante un gospel, sa voix est magnifique juste, vibrante, chaleureuse, expressive.

Gaby Schenke a embouché le ténor et brode un contrechant très groovy - gros son râpeux, Hélène Avice entre à son tour et marque l'assise rythmique ronronnante et harmonique, nous découvrons in fine le "+1" derrière ses tambours et cymbales.

Directement sans plus attendre elles vont nous offrir cet arrangement étonnant de Lullaby Of Birdland qu'elles ont concocté ; Christine s'est saisi du trombone mais avant tout elle envoie des loops de riffs préenregistrés de trombone et de basse, le trio est bien élargi elles peuvent virevolter sur ce tapis sonore.

Avec la présence d'Erwan, Christine se libère du support rythmique qu'elle assure généralement avec le cajon, elle vocalise, scatte, chante, joue sa guitare, son trombone et sa fameuse boite à musique.

Pendant qu'elle cherche son médiator..., ses copines ont pour mission d'improviser, Gaby est à la flûte, Hélène caresse les cordes de son archet et Erwan, délicat, aux balais.

Les ambiances et les inspirations changent pour chaque chanson, comme pour ce I Can't Give You Anything But Love dans une vision "peace and love", ambiance country music californienne pour le voyage intemporel qu'elles ne cessent de suggérer.

Loops encore, des chants d'oiseaux emplissent le hall, c'est Funky Nature.

Tout est fusion, tout est personnel qu'il s'agisse d'une nouvelle vision d'un standard du jazz que l'on pourrait penser éculée, d'une composition originale, d'un thème du répertoire de la chanson française, le jazz et l'humour mais aussi le théâtre sont les liants originaux du travail de Christine Vallin qui sait merveilleusement construire sa play-list pour que chacun y retrouve ses sources sans brusquerie. Le message passe en beauté.

Evidemment je suis plus sensible aux visions de Night in Tunisia, d' Afro Blue ou encore in fine au rappel improvisé autour de Caravan, mais le moment gypsy aura permis là aussi de goûter la voix précieuse, sensuelle, véhiculant avec un vibrato touchant l'âme des musiques qu'elle aime, ça tombe bien nous aussi... et à propos de voix j'ai complètement oublié de vous dire que Gaby et Hélène forment aussi, juste lorsqu'il le faut, le chœur porteur du chant leader.

Rapport de visite : avec Electravoice, le jazz est le liant des musiques de l'âme, la play-list est particulièrement bien construite qui mêle les genres de ce véritable spectacle "cross over", un poil déjanté, le plaisir est définitivement au rendez vous...

Philippe Simonci & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

P.S.: Le CD "Tome 1" vient de sortir il est à la vente lors les concerts ou par le site www.electravoice.com

 

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ElectraVoice à la MJC des Carrés d'Annecy le 24/01/2015

Article du Jazz-Rhône-Alpes 26/01/2015

 

"Il convenait de trouver une date pour qu'enfin je puisse entendre et voir en "direct live" ce trio féminin complice réunit autour de la chanteuse, multi instrumentiste, compositrice et arrangeuse aussi, Christine Vallin.

Elles sont iséroises se connaissent et s'estiment et de plus, de leurs talents individuels, elles savent les partager autour du feu sacré du/des jazz(s) les plus multiples avec humour, simplicité et une évidence désarmante.

Le jazz est le ciment, mais pas que, et c'est ainsi que le célèbre gospel Nobody Knows The Trouble..., comme pour amener l'auditoire particulièrement attentif à une communion, revu et servi avec révérence nous prouve que de ces standards intemporels il est toujours possible de créer des nouveautés particulièrement intéressantes : la voix chaleureuse de Christine qui sert les harmonies à la guitare avec le growl et le vibrato bien posé, la respiration, la justesse du ton et de la note sont l'expression de ces voix de la musique de l'âme ; le ténor chaud, aventureux et volubile de Gaby Schenke dans la grande tradition de la soul musique et la basse ronronnante d'Hélène Avice toujours aussi juste, précise et musicale dans sa walking bass dansante et inventive aussi. La play list est particulièrement bien construite, c'est une espèce de conférence magistrale, humoristique et sonore qui tend à montrer que les musiques du cœur sont toutes cousines et se nourrissent mutuellement de leurs découvertes propres ; fusion ou jazz cross over, appelez cela comme vous voulez il n'en demeure pas moins que de ces mélanges naissent l'intérêt et les surprises.

La formule n'est certes pas nouvelle mais la voix et le sax ténor ça marche..., et lorsque le dialogue se fait entre le ténor et la basse, Christine est au cajon à ce moment là, c'est vers un jazz très contemporain qu'il nous emmène pour ce voyage. Gaby sait si bien le faire, saxophoniste funambulesque, elle n'a surtout pas le vertige, elle connait tout de l'histoire du saxophone ténor, le son, les techniques, la virtuosité, les effets de bec, de clefs, les harmoniques et nous le sert avec désinvolture et générosité, sans effet racoleur mais avec personnalité. Longuement introduit à la flûte cette fois-ci, l'exposé du soir passe par un Afro Blue métamorphosé dont le thème est susurré plus qu'évoqué, la basse devient funky, la flûte brode, brode, s'envole avec les vocalises inspirées, naturelles de Christine.

Le gardénia révérencieux à la Billie Holiday piqué dans les cheveux, Christine est le "cerveau" d'Electravoice, elles nous le disent... Elle est celle qui métamorphose des standards du jazz de toutes ses époques, mais elle compose aussi de fort belles mélodies. Un I Cant' Give You Anything But Love évoque une espèce de country music à la Joni Mitchell et côtoie très naturellement une Javanaise évoluée jusqu'au bop osé qui passe une Nuit En Tunisie pour arriver dans la Légende De Birdland ; elle joue le trombone pour ces occasions, ne dit on pas qu'il est l'instrument le plus proche de la voix humaine ? (il existe deux clips déjantés https://www.youtube.com/watch?v=DwLbQ3DKNwI témoins de ces arrangements terribles https://www.youtube.com/watch?v=mOpyDT07Kb4 en attendant le disque qu'elles nous annoncent...). Un Sweet Georgia Brown enjoué précédera une séquence jazz annoncée et revendiquée, celle de l'improvisation entre Hélène et Gaby, Christine s'y immisce alors avec malice : cajon, voix, effets de micro, tambourin, moulin à musique jusqu'à jouer, c'est devenu évident, le Caravan du Duke comme pour dire que la promenade va prendre fin... jusqu'au rappel vision reggae avec Bibi.

Vous l'aurez compris, avec Electravoice, j'ai passé un moment délicieux d'inventivité cross over autour du jazz liant les talents de ces trois musiciennes qui après le concert se sont prêtées au jeu des photos glamour."

Philippe Simonci

 

 

 

Electravoice au

Groov'Art -Grenoble

(22 Mai 2015)

 

 

 

"Service Après-Vente Bonsoir." pour paraphraser une célèbre émission, mais pas que... Pour ce vendredi soir, ma mission m'envoyait vers un nouveau lieu grenoblois où le jazz a désormais droit de cité. Le "Groov'Art" est très central, puisqu'en face de la gare SNCF, tout beau tout neuf, il accueille depuis quelques mois son public et ses gastronomes autour d'un dîner concert. Plats rehaussés de quelques épices et condiments bien choisis, bonnes bouteilles aussi, tout est organisé pour que les musiciens se sentent chez eux. La petite scène triangulaire les attend en permanence, il y a une sono, un éclairage scénique, et Bouba notre hôte sait recevoir avec chaleur et respect.

"Electravoice" en formule, "comme à la maison" pour ce soir devant un public très féminin qui sera rapidement conquis, les couverts tintent mais l'écoute reste attentive. Comme toujours c'est a cappella que "la boss" Christine Vallin fait débuter le concert, c'est osé, et comme elle revient d'un séjour marocain il y a indéniablement un brin d'orientalisme nostalgique dans son improvisation... Les filles montent sur scène à leur tour, la séduction opère d'autant que le désormais célèbre arrangement de la Légende des Oiseaux fait mouche à coup sûr. Si le répertoire reste le même que celui que nous aimons, les arrangements de l'instant sont sans cesse en mouvement, c'est le propre du jazz et de l'improvisation, avec elles il n'y a jamais redite. Hélène Avice ferme les yeux, elle est à l'écoute, sa walkin' bass précise, sa toujours très jolie sonorité, ses soli musicaux parfaitement construits. Gaby Schenke au ténor et à la flûte virevolte, soutient, enveloppe tour à tour rageuse mais le plus souvent cajoleuse. La paraphrase interdite c'est vers mes premières impressions qu'il faut vous rendre : http://www.jazz-rhone-alpes.com/150413/#electravoice et http://www.jazz-rhone-alpes.com/150126/#electravoice , elles restent parfaitement d'actualité.

Et comme Bouba est aussi musicien à ses heures, il a très envie de se faire plaisir et s'invite pour un dernier rappel à redonner le groove de la Funky Nature...

Mon rapport de mission reste d'actualité : "avec ELECTRAVOICE, le jazz est le liant des musiques de l'âme, la play list est particulièrement bien construite qui mêle les genres de ce véritable spectacle "cross over", un poil déjanté, le plaisir est définitivement au rendez-vous..."

Philippe Simonci, texte & photos